Une interdiction que le juge avance de quatre mois, une statistique du chômage qui s'effondre sans qu'un seul emploi soit créé, et un poste diplomatique créé sans concours.
Le mercredi 29 juillet, le Conseil d'État a annulé les licences des trottinettes et vélos partagés en flotte libre, sur recours de Lime, l'opérateur écarté du marché bruxellois lors de leur attribution en 2023. Bruxelles Mobilité a écrit dans la foulée à Dott, Bolt et VOI pour exiger le retrait de leurs engins de l'espace public au plus tard le 1er septembre 2026. La concession Villo! n'est pas visée par l'arrêt.
Regardez qui décide, et non ce qui est décidé. Le gouvernement voulait supprimer les trottinettes et conserver les vélos partagés. Le juge supprime les deux, parce que l'arrêté de 2023 était mal motivé. Un vice de forme vieux de trois ans pèse ici plus lourd qu'un arbitrage politique de juin.
Les chiffres officiels de l'ONEM, publiés le 30 juillet, donnent à Bruxelles la plus forte chute du pays, treize points au-dessus de la moyenne nationale. La cause n'est pas bruxelloise : ce sont les mesures fédérales de limitation dans le temps des allocations de chômage, appliquées par vagues successives depuis le début de l'année.
Lisez les deux courbes ensemble, jamais l'une sans l'autre. Sur la même période, le taux de chômage calculé par Actiris monte de 0,31 point, à 14,6 %, et 31 850 demandeurs d'emploi bruxellois, soit 34 % d'entre eux, sont désormais inscrits dans un CPAS, en hausse de plus de septante pour cent en un an. On sort de la statistique par la fin de droit, pas par l'embauche.
Le conseil des ministres du 23 juillet, celui qui a débloqué quatorze présidences d'organismes publics, a pris une seconde décision restée dans son ombre : la désignation d'un représentant du gouvernement à Rabat, en fonction au 1er septembre. La personne désignée est le chef de cabinet d'un ministre bruxellois, et la rémunération se situe au barème A5, entre 115 000 et 150 000 euros bruts par an.
Comparez la procédure, pas la personne. Les attachés économiques de hub.brussels passent un examen ; ce mandat-ci a été attribué sur proposition du ministre-président. Un groupe d'opposition réclame la publication intégrale de la procédure suivie : c'est ce document, s'il paraît, qui permettra de trancher.
La ministre régionale de la Propreté a communiqué ces volumes commune par commune en réponse à une question parlementaire. Le même week-end, la Ville de Bruxelles doublait ses taxes-amendes propreté : 200 euros pour une poubelle sortie hors des heures autorisées, 400 euros pour un sac non conforme, 250 euros par jour pour un caddie abandonné.
Méfiez-vous de la tentation d'expliquer l'écart. Vingt fois plus d'encombrants à Schaerbeek qu'à Saint-Josse, cela peut tenir à la densité, à la rotation locative, au type d'habitat ou à une offre communale concurrente. La réponse ministérielle ne le dit pas, et personne ne devrait le déduire à sa place.
« Mon métier consiste à rendre lisible la complexité institutionnelle de Bruxelles pour des organisations qui dépendent de ses décisions. Le BGM est le prolongement public de ce travail : chaque semaine, transformer la lasagne institutionnelle en grille lisible pour tout Bruxellois qui veut comprendre, sans filtre ni parti pris. »
— Zoltán Jánosi