Une commune qui répond à une question qu'on ne lui a pas posée, neuf mille refus qu'on ne comptait pas, et un opérateur public qui appelle à manifester contre l'État.
Un habitant de Laeken a demandé en français le dossier de l'enquête publique sur la rénovation de la gare de Bockstael. Refus. Il porte plainte, la commission fédérale compétente déclare sa plainte recevable et fondée. Report refusé en commission de concertation, permis délivré en néerlandais seul, deuxième plainte, recours au Conseil d'État. En août 2026, le chantier démarre : le recours n'est pas suspensif.
Lisez la réponse de la commune à côté du grief, pas à sa place. La Ville de Bruxelles répond qu'aucune obligation de bilinguisme ne pèse sur le demandeur d'un permis. C'est exact, et c'est une autre question. L'obligation vise l'autorité qui organise l'enquête publique, donc la commune elle-même. Quand une réponse est vraie mais hors sujet, c'est souvent que la question n'a pas été lue.
Les chiffres du SPP Intégration sociale complètent enfin le tableau du report du chômage vers les CPAS. Sur environ nonante-neuf mille personnes ayant perdu leurs allocations entre janvier et juin 2026, cinquante-deux mille six cents ont introduit une demande, quarante-trois mille six cents l'ont obtenue, et environ neuf mille se sont vu opposer un refus.
Distinguez le taux de recours du taux de couverture. Le chiffre bruxellois de 43,9 pour cent dit combien de personnes ont demandé un revenu d'intégration, pas combien l'ont reçu. Un refus tombe surtout quand la personne exclue vit avec quelqu'un qui gagne sa vie : elle sort alors du chômage sans entrer dans l'aide sociale, et devient économiquement dépendante de son entourage.
Cinq organisations appellent à manifester le mardi 18 août à 17h30, place de l'Albertine. Le fédéral a retiré trois cents places fin juin, puis sept cents le 16 juillet, soit la moitié de la capacité, en invoquant la baisse du nombre de demandeurs et le caractère temporaire du dispositif. Les associations estiment qu'environ mille personnes vivent déjà en rue à Bruxelles.
Regardez qui signe, pas seulement ce qui est signé. Parmi les cinq organisations figure le Samusocial. Ce n'est pas une association militante : c'est l'opérateur public bicommunautaire qui gère la principale infrastructure d'hébergement d'urgence de la Région. Un opérateur public bruxellois appelant à manifester contre une décision fédérale, c'est un fait institutionnel, et il est rare.
Selon les chiffres publiés le 4 août par l'Institut bruxellois de statistique et d'analyse, sur base de l'enquête TIC de Statbel, plus d'un quart des entreprises bruxelloises d'au moins deux salariés utilisaient au moins une technologie d'intelligence artificielle en 2025. La moyenne belge est d'environ un tiers, la moyenne européenne de 19,95 pour cent.
Mettez l'ambition et la mesure côte à côte. La Région affiche l'objectif de devenir une capitale de l'intelligence artificielle, inscrit dans sa déclaration de politique. Elle est au-dessus de la moyenne européenne et en dessous de la moyenne belge. L'écart interne compte davantage : le tissu bruxellois est fait de très petites entreprises, celles-là mêmes qui restent à vingt-cinq pour cent.
« Mon métier consiste à rendre lisible la complexité institutionnelle de Bruxelles pour des organisations qui dépendent de ses décisions. Le BGM est le prolongement public de ce travail : chaque semaine, transformer la lasagne institutionnelle en grille lisible pour tout Bruxellois qui veut comprendre, sans filtre ni parti pris. »
— Zoltán Jánosi