Une dette à 328 % des recettes en 2031, un musée à trois mois de son ouverture sans direction assurée, et un plafond de loyer qui tient devant la Cour.
Le Bureau fédéral du Plan juge élevé le risque que la dette bruxelloise devienne insoutenable à moyen terme. Dans le scénario de référence, le taux d'endettement atteint 328 % des recettes disponibles ajustées en 2031, et la probabilité que la dette de 2031 dépasse celle de 2026 est de 100 %. La Région wallonne suit à 327 %, la Communauté française à 158 %, et la Communauté flamande, seule entité dont le risque est qualifié de faible, à 118 %. L'espace de consolidation budgétaire bruxellois est de 18 %, contre 36 % en Wallonie et 34 % en Flandre.
Un taux d'endettement ne se lit jamais seul : regardez par rapport à quoi il est rapporté. Ici ce sont les recettes disponibles ajustées de l'entité, pas son produit intérieur brut, et les deux donnent des ordres de grandeur très différents. Remontez aussi au document d'origine plutôt qu'à sa reprise de presse : trois rédactions ont qualifié ici le risque flamand de modéré, là où le rapport dit faible.
Le Conseil des ministres fédéral a approuvé le 18 septembre la prolongation de six mois du dispositif Urban Shield dans les gares et stations bruxelloises. Lancé en avril 2026, il déploie une cinquantaine de militaires contre une trentaine au départ. Selon le cabinet du ministre fédéral de l'Intérieur, 884 incidents ont été enregistrés entre avril et juillet 2026, soit 16,8 % de moins que l'année précédente, où 1 062 avaient été comptés. La Région n'a pas la main sur cette décision fédérale, mais en porte les effets dans l'espace public.
Une baisse d'incidents sur quatre mois ne prouve pas l'effet du dispositif qui l'accompagne : encore faut-il savoir si le comptage a changé en même temps. Demandez qui compte, depuis quand, et selon quelle définition d'un incident. Et distinguez qui décide de qui subit : le niveau de pouvoir qui déploie n'est pas celui qui gère l'espace public.
Woluwe-Saint-Lambert est la seule des dix-neuf communes bruxelloises à refuser de participer à la deuxième journée sans voiture, prévue le 2 mai 2027. Son collège invoque un coût de 35 000 à 50 000 euros et la mobilisation de 70 à 80 policiers, et dénonce une baisse des subsides régionaux au vélo. Le cabinet de la ministre régionale de la Mobilité conteste ce dernier point : 324 000 euros versés en 2026 contre 345 000 en 2025, auxquels s'ajoutent 780 000 euros d'infrastructures. Les deux versions sont rapportées sans consensus.
Quand deux parties avancent des chiffres qui se contredisent, ne choisissez pas : regardez ce que chacune compte. Une commune peut parler du seul subside de fonctionnement, la Région y ajouter l'investissement en infrastructures. Les deux peuvent être exacts et raconter l'inverse l'un de l'autre.
Le comité d'évaluation des risques de l'ECHA a classé le TFA toxique pour la reproduction le 5 juin 2026, un avis qui doit encore être ratifié par la Commission européenne. Le 22 juillet 2026, l'EFSA a abaissé la dose journalière admissible de 0,05 à 0,014 milligramme par kilo, soit une division par environ trois et demi. ClientEarth a déposé le 8 juillet 2026 une plainte collective contre la Belgique devant le Comité européen des droits sociaux, citant le site Sicli à Uccle ; sa recevabilité sera examinée en 2027.
Une dose journalière admissible qui baisse ne dit pas que la pollution a augmenté : elle dit que ce qu'on juge tolérable a changé. Comparez donc une mesure à la norme en vigueur au moment où elle a été prise, pas à celle d'aujourd'hui. Et vérifiez si un avis scientifique a déjà été ratifié, car tant qu'il ne l'est pas il ne crée aucune obligation.
Le 17 septembre, le ministre-président a demandé le licenciement immédiat du directeur général de Kanal-Centre Pompidou, à moins de trois mois de l'ouverture prévue le 28 novembre 2026. Le vice-ministre-président s'y est opposé pour des raisons juridiques et opérationnelles. Un ultimatum aurait été proposé au directeur : départ immédiat, ou maintien à pouvoirs réduits jusqu'à l'ouverture. La dotation annuelle rapportée est de 28 millions d'euros en 2026. Aucun communiqué officiel n'a été publié, et les deux récits reposent sur des sources gouvernementales anonymes.
Quand une information ne vient que de sources anonymes et d'une réunion à huis clos, elle reste une information, mais son niveau de confiance change. Séparez ce qui est établi, ici une date d'ouverture et un montant de dotation, de ce qui ne l'est pas, ici le contenu d'un arbitrage. Puis surveillez la date : c'est elle qui dira quelle version a tenu.
La Cour constitutionnelle a rejeté le 17 septembre 2026 le recours contre l'ordonnance bruxelloise sur les loyers abusifs. En vigueur depuis mai 2025, l'ordonnance interdit de demander un loyer dépassant de plus de 20 % le loyer de référence, et permet au locataire de saisir la Commission paritaire locative ou, le cas échéant, le juge. Le principe avait été décidé en octobre 2021, mais sa mise en œuvre avait été différée pour fiabiliser la grille. Une révision de la grille indicative est annoncée en deux étapes.
Un arrêt se vérifie par son numéro, pas par son récit. Ici le nombre de requérants varie de quatre à sept selon les rédactions, et aucune ne publie le numéro de l'arrêt : c'est le signe qu'il faut attendre le texte avant d'en citer le détail. Le dispositif, lui, est vérifiable dès maintenant dans l'ordonnance elle-même.
La demande de permis de lotir de la friche Josaphat, portée par le consortium Eiffage-AXA pour la Société d'Aménagement Urbain, couvre 6,76 hectares : 537 logements au maximum, 8 560 mètres carrés d'activités et d'équipements, 391 places de stationnement souterrain, et 3,14 hectares d'espaces verts publics, soit 46 % du périmètre. Le 16 septembre 2026, un collectif a demandé au conseil communal de Schaerbeek un avis défavorable, contre l'abstention du collège en 2025.
Un nombre de participations à une enquête publique est presque toujours revendiqué par une partie, rarement publié par l'administration : citez-le comme tel. Et pour juger d'un projet, rapportez les surfaces les unes aux autres plutôt qu'en valeur absolue, car 46 % d'espaces verts et 537 logements sur un même périmètre disent plus ensemble que chacun pris seul.
« Mon métier consiste à rendre lisible la complexité institutionnelle de Bruxelles pour des organisations qui dépendent de ses décisions. Le BGM est le prolongement public de ce travail : chaque semaine, transformer la lasagne institutionnelle en grille lisible pour tout Bruxellois qui veut comprendre, sans filtre ni parti pris. »
— Zoltán Jánosi